Wwoofing à Calbuco

Du 03/04 au 19/04 :

Avant notre départ, nous souhaitions tester une autre “méthode” pour découvrir un peu de pays. Le principe du Wwoofing répondait à ce que nous recherchions. Aucun de nous deux n’ayant auparavant vécus cette expérience, ça allait être pour nous une première. Pour ceux qui ne connaissent pas le principe: c’est un réseau mondial (association) de fermes bio qui proposent d’héberger gratuitement les volontaires (gîte et couvert) en échange d’une participation aux divers travaux de la ferme. C’est une façon, pour nous voyageurs, de découvrir d’une autre façon le pays. Il est nécessaire de payer pour obtenir la liste des fermes du Chili. Une fois cette liste en main, nous avons envoyé quelques mails aux fermes qui nous intéressaient. Après quelques échanges de courriers électroniques, nous avons porté notre choix sur la ferme de Sergio Carro.

Sergio Carro est un homme d’une cinquantaine d’année qui vit sur l’île de Quihua. C’est une des 14 îles que compte la commune de Calbuco. Il possède une petite exploitation : 2 serres, une parcelle de potager, des pâturages (qu’il propose en location, Sergio ne possède pas d’animaux des pâturages) et des poules.

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La casa de Sergio et de la famille

Notre chambre

Notre chambre

Les trois chasseurs de souris

Les trois chasseurs de souris

Il travaille seul sur son exploitation la semaine. Sa femme, Erla, qui travaille a Puerto Montt en tant qu’agronome, le rejoint le weekend pour l’aider à préparer les produits pour le marché. Ils ont deux filles Violeta l’ainée et Amanda. Nous avons rencontré durant les weekends sa fille ainée, ainsi que son conjoint Javier et leur petite fille Aurora de 2-3 semaines. La plus jeune suit des études de littératures et d’histoires à Valparaiso. Nous étions au moment des grands incendies de la ville, les parents n’étaient pas rassurés avec leur fille là-bas, et aussi parce que la famille d’Erla y vit.

Dans la famille, le bout en train c’est Sergio ! Il parle beaucoup et connaît pas mal de choses sur beaucoup de sujets différents, sa culture générale nous a beaucoup impressionnée. Il a toujours des histoires drôles ou des anecdotes à nous raconter. C’est une radio à lui tout seul. Le monologue, il connaît et heureusement car notre niveau en espagnol ne nous permet pas encore d’avoir de discussions “poussées”. Ses phrases préférées : “buena pregunta!”, “spectacular”, “one moment please”, “espera manzana”, “oh men blues”.

En semaine, la journée type de travail était : lever à 7h30-8h, début du travail à 9h-10h jusqu’à 12H30-13h puis repos jusqu’à 15h30-16h pour travailler jusqu’à 19h. Nous avons réalisé différentes activités : ramasser des avellanas (fruits ronds avec une coque noire dure, l’amande a goût de la châtaigne une fois cuite), arracher des ajoncs et des ronces dans les champs (espèces invasives importées d’Europe), monter une barrière de barbelès, écosser des haricots (lorsque qu’il pleuvait), couper des arbres pour le bois de cheminées et pour construire une barrière, arracher des topinambours, bêcher un bout de parcelle pour planter de nouveaux légumes, etc.

Des avellanas

Des avellanas

Agnès ramasse les avellanas pendant que Matthieu...

Agnès ramasse les avellanas pendant que Matthieu…

Le barbelés que nous avons enroulé

Le barbelés que nous avons enroulé

Les haricotss magiques que nous avons écossé

Les haricots magiques que nous avons écossé

Le potager de Sergio est basé sur la culture biologique, il est certifié depuis quelques années maintenant. Chose étonnante, il ne valorise pas du tout cet aspect lorsqu’il vend ses produits. Les chiliens ne sont pas sensibilisés et ne recherchent pas forcément une nourriture libre de produits chimiques. De plus, faire la publicité de proposer des fruits et légumes biologiques serait mal venue vis à vis de ces confrères.

A la différence de l’Europe, le biologique au Chili n’est pas un critère de choix. La malnutrition est en revanche un sujet sensible qui touche de plus en plus d’enfants et d’adultes. Il y a, aujourd’hui une prise de conscience des autorités sanitaires, ce qui devrait faire évoluer les choses vers une meilleure alimentation (plus équilibrée et saine).

Le samedi, il se rend donc au marché municipal de la ville de Puerto Montt pour vendre ses légumes et ceux de quelques voisins. Comme nous l’a si bien dit Sergio, la meilleure façon de découvrir une région (ses habitants et leurs plats culinaires, notamment), c’est d’aller au marché. Nous nous sommes donc levés les deux samedis à 4h00 du matin pour accompagner Sergio. Un bus (non chauffé) passe tous les samedis matins pour prendre les marchands de la région et leurs produits (certains produits vont en soute, d’autres dans l’allée centrale du bus). Les arrêts sont fréquents et le temps de trajet jusqu’à Puerto Montt plutôt long. Nous arrivons au marché vers 7h00. Tous les marchands s’affairent à monter leur étale, qui se résume à une petite table et des toiles de plastiques posées au sol. Sergio a l’une des étales les plus grandes et offre de nombreux produits. La plupart des marchands n’ont que 2 ou 3 produits à vendre. Sergio propose des produits frais, biologiques et de saison : des bouquets de coriandre (herbe très présente sur les étales), des blettes, des laitues, des betteraves-rouges, des carottes, des pommes de terres, des pommes, des avellanas cuites, des topinanmbours (c’est le seul), etc.

Vue sur Puerto Montt depuis le marché

Vue sur Puerto Montt depuis le marché

Le samedi, de nombreux petits producteurs comme Sergio viennent vendre leurs produits, c’est le seul jour de la semaine autorisé pour eux. Ce marché de petits producteurs se déroule sous un édifice de forme circulaire avec une fontaine en son centre, une coupole vitrée pour toit et des emplacements dessinées au sol. Une partie voisine des halles est ouverte tous les jours, les poissonniers et des marchands de fruits et légumes y possèdent de grandes étales.

Comme la place sur les emplacements est étroite, nous laissons Sergio s’occuper de la vente et nous nous baladons entre les allées de fruits et légumes, de fruits de mer décortiqués et non décortiqués, de fromage, de poissons et moules séchées, etc. En fin de matinée, nous aidons Sergio à vendre ses derniers légumes. Ce ne sont plus les mêmes clients, ils ne sont pas aussi pressés et donc plus compréhensifs (oui, il nous faut plus de temps pour comprendre et répondre). C’est un bon exercice pour pratiquer la langue. Sergio nous a fait goûté aux “mariscos” (fruits de mer) avec du jus de citron, au milcao (gâteau salé de pommes de terre) et à des empanadas frits au mariscos, etc.

L'étale de Sergio

L’étale de Sergio

La féria de Puerto Montt

La féria de Puerto Montt

Etale de poissons

Etale de poissons

Halle couverte du marché

Halle couverte du marché

Stand du marché

Stand du marché

Le dimanche c’est le jour de repos. Sergio a pour habitude d’aller promener ses chiennes (Dora et Perla) sur différentes plages. Nous l’avons accompagné les 2 dimanches où nous étions là.

L'un des coins de promenade de Sergio

L’un des coins de promenade de Sergio

Sergio et Matthieu

Sergio et Matthieu

Agnès et Sergio

Agnès et Sergio

Agnès et Matthieu

Agnès et Matthieu

Paysage de fin d'après-midi

Paysage de fin d’après-midi

Paysage de fin de journée

Paysage de fin de journée

La campagne

La campagne

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Barque sur le bord de plage

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Bord de plage

Sergio nous préparait de très bons repas (végétariens) à base de légumes de son jardin, qu’il concoctait sur une cuisinière aux feux de bois (typique en Argentine et au Chili). Cette cuisinière servait aussi de système de chauffage pour la maison. En plus de la cuisinière pour nous réchauffer, nous buvions des tasses de café et de thé, aussi bien le matin, le midi et le soir,. D’ailleurs nous avions parfois quelques difficultés à trouver le sommeil au vue des quantités astronomiques de thé et de café ingurgitées.

Du point de vue du thermicien, les maisons chiliennes sont de véritables passoires. Elles ne possèdent aucune isolation. Avoir froid dans sa maison fait partie du quotidien chilien.

Le soir nous prenions ce qu’ils appellent le “Once”. C’est un goûter typique prit au Chili entre 16h et 20h : pain, thé, café, beurre, confiture, avocat, fromage. Pourquoi dit-on « once » ? Ce sont les ouvriers chiliens qui à l’époque, lors de leur pause de travail, buvaient un alcool typique, l’aguardiente. L’alcool étant interdit au travail, « once » était un nom de code (les 11 lettres d’ « aguardiente ») pour signifier « C’est l’heure de l’aguardiente » !

Le weekend, Erla (la femme de Sergio) préparait un délicieux pain pour la semaine. Elle a bien voulu nous donner sa recette et Agnès a même réalisé quelques pains, la preuve en image. Le dernier jour, en échange de bon procédé, nous leur avons fait des crèpes bretonnes, et nous pensons qu’ils ont apprécié.

Matthieu fait les crèpes sur la cuisinière à bois, sous l'oeil attentif de Sergio

Matthieu fait les crèpes sur la cuisinière à bois, sous l’œil attentif de Sergio

Les crèpes bretonnes

Les crèpes bretonnes

Le pain d'Erla (mais fait par Agnès)

Le pain d’Erla (fait par Agnès)

Vers la fin du séjour, avec le froid, la pluie et l’humidité, Sergio est resté alité plus d’une journée et Agnès a attrapé un rhume. Pour nous soigner, Erla nous a préparé des tisanes à base de plantes médicinales et elle nous a donné un flacon de mélange d’huiles essentielles à mettre sur le torse. Cela a été plutôt efficace : en 3-4 jours Agnès était guérie. Erla connaît très bien les bienfaits et méfaits des plantes. Au quotidien, ils utilisent beaucoup les plantes médicinales, leur potager en est rempli et la forêt voisine est aussi une grande fournisseuse, à condition d’avoir de bonnes connaissances en botanique, mais Erla est agronome, ça aide.

Cette première expérience de wwoofing a été pour nous très positive, elle a répondu à nos attentes et même au-delà. Nous nous sommes grandement améliorer dans la compréhension de l’espagnol. Nous avons eu la chance de vivre le quotidien d’une famille chilienne et par la même occasion apprendre les coutumes des gens de la région. Cela nous a aussi permis de connaître un peu plus l’histoire, la culture et l’économie du pays.

Les 15 jours de wwoofing furent une expérience très enrichissante et nous envisageons de la répéter dans une région un peu plus chaude. Le wwoofing comme fil rouge de notre voyage est une idée qui nous plaît bien.

Dans la campagne au coucher du soleil

Dans la campagne au coucher du soleil

Matthieu cueille la lune

Matthieu cueille la lune

Une goutte d'eau

Une goutte d’eau

5 reflexions sur “Wwoofing à Calbuco

  1. anne maryvonne

    comme je vous envie ? est ce que les topinanbours du chili sont meilleurs que celles de plouer garder bien les recettes des huiles essentielles

    bisous bisous

  2. Pingback: Chiloé | MAIS ILS SONT OU ?!!

  3. pascaline et Joelle

    coucou Matthieu

    Toutes les 2 nous te souhaitons un très joyeux anniversaire et te faisons des gros gros bisous .

    un petit bisou quand même à Agnès

  4. Pingback: Wwoofing à Rancagua - CIHOL | MAIS ILS SONT OU ?!!

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