Trek Tuni – Condoriri

Du 04/08 au 08/08 :

La randonnée que nous voulions faire dans la Cordillère Royale était quelque peu difficile à organiser. Beaucoup d’agences de voyage proposent des treks organisés dans le secteur, il est donc difficile d’obtenir des informations sur les transports en commun allant jusqu’à Tuni : point de départ de notre randonnée. Nous tentons tout de même l’aventure.

Jour 0 : la Paz – Tuni
Nous nous rendons en taxi jusqu’à l’arrêt des bus partant pour Copacabana. Nous grimpons dans un bus se rendant à Copacabana et demandons au chauffeur de nous arrêter à Patamanta. Il nous demande de payer plein tarif, nous négocions le prix car nous n’allons pas jusqu’à Copacabana. Le trajet fut atypique. Le bus s’est arrêté en route pour prendre des gens. L’un d’eux a mis son jeune lama dans la soute du bus sans vergogne. Ensuite, nous sommes passés par Alto et comme il y avait une manifestation qui barrait la route, le bus est passé par la banlieue d’Alto. Une vitre a été cassée par une pierre jetée sur le bus. Le problème c’est que les vitres des bus en Bolivie ne sont pas doublées et encore moins en verre securit. Il y avait des bouts de verre tranchant qui risquaient de tomber à tout moment. Du coup la responsable du bus a posé des bandes de scotch sur toute la vitre. Une fois à Patamanta (village pour rejoindre Tuni), le chauffeur nous largue sur le bord de la route. Une dame nous indique les taxis (voitures blanches) à prendre pour Tuni, un peu plus loin le long de la route. L’un d’eux nous emmène pour 120 Bs à Tuni (1h de route). Malgré une route caillouteuse, nous profitons des paysages splendides. Une fois à Tuni le chauffeur de taxi klaxonne et s’arrête près d’une maison. Il demande à son propriétaire s’il a des chambres. Nous avons le choix entre des chambres dans un lodge pour touristes construit récemment à 40Bs où une chambre à côté de sa maison pour 30Bs. Le choix est vite fait, nous optons pour la solution économique. Avant de partir le chauffeur de taxi nous donne sa carte de visite dans l’espoir que nous l’appelions à notre retour de trek pour nous ramener à Patamanta mais notre hôte, Rorelio, a aussi un taxi et nous propose de nous ramener jusqu’à la route principale. On s’installe dans notre chambre très rudimentaire mais confortable. On se repose un peu avant notre trek, nous sommes à 4400m d’altitude et ce sera pour nous le point le plus bas de ce trek.

En route vers Tuni

En route vers Tuni

Notre situation géographique

Notre situation géographique

Dépendance de notre aubergiste, vu sur le Huayna Potosi

Dépendance de notre aubergiste, vue sur le Huayna Potosi

Les toilettes extérieures

Les toilettes extérieures

Jour 1 : Tuni – laguna Jurikhota
Nous quittons le village de Tuni et nous nous dirigeons vers une réserve d’eau immense (Laguna Tuni). Le début de la randonnée est assez plat. Sur notre chemin nous croisons des lamas. On commence à monter, nous pouvons admirer le magnifique sommet Condoriri (avec ces 3 pics, il fait penser au condor, d’où son nom). La pente n’est pas très abrupte mais nous manquons un peu de souffle. On passe un col puis nous longeons une sorte de cirque pour arriver à un second col. Nous posons nos sacs et grimpons une petite colline pour admirer une belle vue sur les alentours. C’est un peu brumeux mais nous devinons tout de même au loin le lago Titicaca. Nous redescendons jusqu’à nos sacs et déjeunons. Nous voyons au loin des groupes de touristes et des muletiers remonter le chemin que nous nous apprêtons à descendre. Après manger, nous rejoignons la laguna Jurikhota où se trouve un refuge. Nous montons notre camp à l’écart car le refuge est utilisé par un groupe de randonneurs encadré par des guides et des muletiers. Matthieu discute avec l’un d’eux qui lui dit qu’ils font la Transcordillera sur 12 jours (ça laisse rêveur…). Nous avons fini notre journée de bonne heure, 14h50, et profitons du magnifique paysage au bord de la laguna (vue sur le Condoriri et ses voisins). Hélas, dès que le soleil se couche il fait horriblement froid. Nous nous réfugions donc dans nos duvets. Couchés à 19h30 !

Tuni et le Huayna Potosi

Tuni et le Huayna Potosi

Le Condoriri au complet (3 pics)

Le Condoriri au complet (3 pics)

La première côte : chek!

La première côte : chek!

Sympa la vue sur l'Altiplano

Sympa la vue sur l’Altiplano

Agnès subjuguée par la beauté du lieu

Agnès subjuguée par la beauté du lieu

Le Condoriri se reflète dans la laguna Jurikhota

Le Condoriri se reflète dans la laguna Jurikhota

Jour 2 : laguna Jurikhota – laguna Chiar Khota
Nous faisons le tour de l’horloge, et prenons notre temps pour déjeuner et plier nos affaires car le soleil n’est pas très haut dans le ciel, du coup il fait froid. D’ailleurs, nous avons eu tous les deux les pieds gelés toute la nuit. Nous partons vers 9h00 et commençons par longer la laguna devant laquelle nous avions campé. S’en suit une longue grimpette d’1h30 jusqu’à une autre laguna  où nous faisons une pause casse-croûte. Avec le Condoriri en toile de fond, nous poursuivons notre ascension jusqu’à un col où nous déjeunons (12h45). Nous sommes à environ 5200 mètres d’altitude. Depuis le col, on aperçoit le camp de base d’où débute l’ascension du Condoriri et de l’autre côté de la laguna un second camp de base où nous allons planter la tente. Une fois l’estomac rempli, nous descendons jusqu’à un plateau où nous observons pleins de viscachas peu farouches : sorte d’écureuil croisé lapin. Nous continuons de descendre jusqu’au camp de base. Nous dresserons notre camp un peu à l’écart du refuge déjà pas mal squatté par d’autres tentes. La journée de marche est terminée à 16h00. A 19h00, nous mangeons et nous nous couchons comme les poules.

laguna Jurikhota

Laguna Jurikhota

Début du deuxième jour

Début du deuxième jour

On quitte la laguna pour une nouvelle montée

On quitte la laguna pour une nouvelle montée

Joli panorama, idéal pour se soulager

Joli panorama, idéal pour se soulager

Nous, devant le Condoriri, point culminant de notre trek (5200m)

Nous, devant le Condoriri, point culminant de notre trek (5200m)

La laguna Chiar Khota et le Huayna Potosi

La laguna Chiar Khota et le Huayna Potosi

Un viscacha de profil : croisé lapin / écureuil

Un viscacha de profil : croisé lapin / écureuil

On vient d'en haut

On vient d’en haut

La laguna Chiar Khota

La laguna Chiar Khota

La laguna Chiar Khota, un vrai miroir

La laguna Chiar Khota, un vrai miroir

Jour 3 : laguna Chiar Khota – Tuni
Nous débutons la journée de marche par une grosse montée. Elle nous tue ! On avait tout de même une très belle vue sur la laguna Chiar Khota. Nous faisons une pause gouter à mi-chemin et continuons l’ascension. En haut, le Huayna Potosi se dévoile (avec une barre nuageuse en travers), la vue est splendide. Une fois le col passé, nous redescendons dans la vallée. Nous commençons par prendre un chemin sur la droite puis prenons une pente très abrupte dans un pierrier. Dans la vallée, il y a énormément de vent. Nous trouvons un petit coin pour déjeuner contre une paroi rocheuse. Pendant notre déjeuner, nous sommes interrompus par un guide et sa cliente. Le guide nous interpelle, Matthieu va à leur rencontre. Ils sont perdus, un comble pour un guide! Matthieu leur indique la bonne direction. Ils sont loin du bon chemin et vont avoir une dure journée de randonnée pour arriver à leur point de chute. Ensuite, nous grimpons un peu et avons une belle vue sur le réservoir de Tuni. Nous croisons énormément d’alpagas ou de lamas (on ne sait pas faire la différence). Puis, nous continuons notre ascension avec une bonne côte mais curieusement nous avons moins de mal que le matin, s’habitue-t-on à l’altitude ? Le mauvais temps menace, la pluie/neige nous accueille en haut. Au col, nous posons nos sacs pour aller vers un mirador, hélas une fois là-bas nous ne voyons pas le Huayna Potosi. Le vent commence à se lever et est glacial. Nous entamons la descente vers Tuni. Dans une vieille chaussette trouée nous trouvons un objectif d’appareil photo ! Nous le gardons même si c’est lourd dans le sac, Agnès a envie de perfectionner ses talents de photographes, il nous sera peut être utile… Nous maintenons notre cap vers Tuni que nous apercevons en contre-bas. Nous arrivons devant la maison de notre hôte vers 16h15. Il n’y a personne, nous poireautons jusqu’à ce que le père du propriétaire arrive avec 2 ânes et nous ouvre la porte de notre chambre. Il nous invite à rentrer au chaud et à atteindre son fils qui ne devrait plus tarder. Lorsque Rorelio arrive il nous offre un maté avec des biscuits. Le soir il nous prépare une soupe et un plato fuerte : riz + frites + œufs sur le plat + tomate. On se régale. On ne traîne pas à aller au lit car il fait froid, il neige même un peu.

On grimpe une fois de plus

On grimpe une fois de plus

Le Huayna Potosi avec son écharpe de nuages

Le Huayna Potosi avec son écharpe de nuages

Vue sur réserve de Tuni

Vue sur la réserve de Tuni

Concours des lamas punks

Concours des lamas punks

Lama version tâcheté

Lama version tâcheté

L'ultime col!

L’ultime col!

Le village de Tuni et la réserve d'eau

Le village de Tuni et la réserve d’eau

Dans le fond la réserve d'eau de Tuni

Dans le fond la réserve d’eau de Tuni

Jour 4 : Tuni – La Paz
Rorelio nous sert le petit déjeuner dans la chambre vers 7h30 : pain, margarine, thé, café, chocolat, etc. On se régale. Après manger nous discutons un peu avec Rorelio pour savoir si le temps va s’améliorer ou non car nous voulions faire une marche jusqu’à la laguna Esperanza (A/R) dans la journée. La marche offre une très belle vue sur le Huayna Potosi, malheureusement pour nous cela semble bien compromis. Rorelio nous déconseille l’aventure. Nous préparons donc nos sacs et partons en voiture (son taxi) avec sa femme. Nous roulons pendant 1h environ. Il dépose sa femme dans leur deuxième maison un peu avant Patamanta. Arrivés sur la grande route nous choppons directement un microbus qui va à Ceja. Nos bagages sont mis sur le toit sans aucune attache. Nous sommes un peu inquiets mais nous les récupérons en entiers. De Ceja nous prenons un autre combi pour Perez (centre de La Paz). La suite c’est : bonne douche, bonne bouffe et bon dodo.

Infos pratiques : Si vous souhaitez faire une randonnée en partant de Tuni, voici les coordonnées de Rorelio : 735 56 321. Il propose différents services : guide, portage (ânes), hébergement, repas, taxi (il vient vous chercher à Patamanta). Il est vraiment sympa, n’hésitez pas à le contacter.

Pour se rendre à Tuni, il est possible de prendre un des bus qui se rend à Copacabana, mais là vous risquez de payer plein tarif (c’est négociable). Sinon, il y a aussi des mini vans qui partent depuis Ceja (Alto), c’est beaucoup moins cher mais peut être aussi moins sûr… En tout cas, vous attirerez les regards avec vos sacs de treks et votre allure de gringos !

Voici la trace de notre parcours dans la cordillère Royale :

Le bonus photos :

Ce diaporama nécessite JavaScript.

13 reflexions sur “Trek Tuni – Condoriri

  1. Pingback: La Paz - MAIS ILS SONT OU ?!!

  2. Catherine Aubaile

    Bonjour,

    nous avons suivi vos conseils pour aller à Tuni sans passer par un tour: en arrivant au village nous avons été pris en charge par le frère de Rorelio, Edgar, très sympathique aussi, et qui dispose d’un taxi aussi. Ses coordonnées: 719 81 860.

  3. Pingback: La Paz, vivante mais gazée – vil'brequin

  4. Pingback: La Paz, vivante mais gazée – vil'brequin

  5. Marine et Vincent

    Bonjour je trouve votre trek magnifique mais je vous avoue que j ai un peu peur de me perdre…. Pensez vous que c’est facilement réalisable sans gps, avez vous suivi des sentiers tout du long? Je suis preneur de tous conseils! Merci

    1. Princess_Chataigne Auteur de l'article

      Bonjour,
      Faire ce trek sans gps me parait délicat. Sur la fin nous ne suivions plus de traces bien définies. Nous avions croisé un guide bolivien perdu avec sa cliente…
      Bon voyage !

  6. Marine

    Bonjour ! Je suis aussi tentée par ce trek mais j’ai le soucis du gps, qu’est ce que vous avez utilisé exactement ? Comment aviez vous eu les info des chemins a suivre ?

    Merci ! 😀

    1. Princess_Chataigne Auteur de l'article

      Bonjour Marine, nous avions utilisé notre smartphone. Ils sont quasi tous aujourd’hui équipés d’un gps (pas besoin d’avoir de carte sim).
      Pour les infos, je suis aujourd’hui incapable de te dire comment nous les avions obtenu… Ca fait quelques temps déjà, désolé. Certainement en fouinant sur internet. Si ca me revient, je te ferai signe.
      Bon trek

  7. Pingback: Condoriri trekking - Part 1: Preparations and getting there - Two Places One Time

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :