Cusco et la Vallée Sacrée

Du 21/08 au 03/09 :

Cusco se situe dans la cordillère des Andes (environ 3400m). C’est une ville au passé glorieux car elle fut la capitale de l’empire Inca (Tawantinsuyu). Au moment de son apogée, l’empire s’est étendu sur près de 4 000km de long, depuis l’actuelle Colombie, au nord, jusqu’à l’actuel Chili, au sud.

En quechua, Cusco signifie nombril du monde.

Selon la légende les deux premiers incas du monde (aller faire un tour sur notre article de l’Isla du Sol) ont eu pour mission de créer un nouvel empire. Là où le sceptre de l’Inca s’enfoncera dans la terre, ils devront fonder la nouvelle cité. C’est ainsi que Cusco naquit.

Contrairement aux premiers incas, nous nous arrivons en bus depuis Arequipa et nous découvrons ce que “le touriste étranger” signifie pour le péruvien : gringo plein de fric en libre service. A peine arrivés, nous nous faisons arnaquer par le chauffeur de taxi. Il nous aura finalement fait payer plus de 4 fois le prix de la course. On rencontrera cette attitude pendant quasiment tout notre trip au sud Pérou. Il faut bien faire attention, comparer les prix et négocier.

La ville est vraiment très belle, la plupart des constructions sont un mélange de 2 cultures : Incas et Espagnols. Les bases sont Incas parce qu’ils savaient construire des bâtiments capables de résister aux secousses sismiques (les espagnols, non). Le reste est de style européen, vu que les Espagnols ont tout saccager et piller. Les incas décoraient une grande partie de leurs bâtiments d’or, autant dire que le métal précieux a vite été récupéré et fondu pour être envoyé à la couronne espagnole.

Murs de style Inca

Murs de style Inca

Murs des Incas vs murs des incapables (Espagnols)

Murs des Incas vs murs des incapables (Espagnols)

En se promenant dans les rues, les fondations originelles ne laissent pas indifférents. On reste longtemps en admiration devant la prouesse architecturale de la civilisation inca. Les pierres sont parfaitement ajustées entre elles, il n’y a pas de mortier.

La fameuse pierre aux 12 côtés de Cusco

La fameuse pierre aux 12 côtés de Cusco

Pendant nos quelques jours à Cusco, nous visiterons la magnifique cathédrale de Cusco, du pur style rococo. Tout est quasiment fait d’or et d’argent provenant des monuments Incas.

La cathédrale de Cusco

La cathédrale de Cusco

Nous découvrirons aussi l’ancien temple du soleil de Cusco, Qorikancha, de nouveau révélé au monde après le tremblement de terre de 1950. En effet sur les fondations de ce temple avait été bâti le couvent Santo Domingo, fortement endommagé par le séisme. Avec cette visite, nous découvrons au travers d’une exposition, le gigantesque réseau de communication que les Incas avaient mis en place dans leur royaume, les fameux chemins incas permettaient de relier les quatre coins de l’empire (réseau de routes d’environ 23 000 kilomètres), Cusco était l’épicentre de cet immense réseau routier.

Le cloitre du couvent

Le cloitre du couvent

La ville est un véritable trésor archéologique et probablement un vrai casse-tête pour les urbanistes de la ville, au moment de notre passage des travaux sur une des voies principales révélaient d’importantes ruines incas.

Cusco est aussi victime de son succès, il n’est pas possible de faire 10 mètres sans se faire accoster par une agence de tourisme, un restaurant, un magasin de souvenir, un artisan, une femme qui veut que nous la prenions en photo avec son jeune lama ou agneau,etc.

Ruelle à Cusco

Ruelle à Cusco

La cuisine péruvienne réputée internationalement nous offre un choix varié de cuisines dont une bonne pâtisserie (le chef a été formé en France) au grand bonheur d’Agnès. Pendant notre séjour, ce sera notre fournisseur de pâtisseries matinales (l’adresse : El Bueno Pastor).

Une bonne crêpe péruvienne faite au billig

Une bonne crêpe péruvienne faite au billig

Vue sur Cusco

Vue sur Cusco

Pour visiter les sites majeurs de la Vallée sacrée et de Cusco, il faut acheter un billet unique qui donne accès à tous les sites. Le billet (boleto turistico) n’est pas donné mais il permet l’accès des sites durant une dizaine de jours. Il existe aussi 2 autres billets qui donnent chacun accès à une partie des sites mais uniquement pendant quelques jours. Si vous avez du temps, on conseille de prendre le billet complet.

La ville de Cusco est un joyau archéologique mais les environs sont aussi très riches en vestiges. Aux abords de la cité, on trouve la forteresse de Sacsayhuamán. Elle est composée de trois remparts parallèles longs de 600 m, disposés en zigzag, lesquels sont constitués de blocs de pierres énormes parfaitement assemblés et encastrés les uns dans les autres (pur style incas). La technique utilisée pour transporter et assembler de telles masses reste un mystère. Il faut savoir que ces civilisations ne connaissaient pas la roue ! Les enceintes sont reliées par des escaliers et des portes trapézoïdales. Chaque année, le 24 juin, est célébré l’Inti Raymi, la fête du soleil. C’est le jour du solstice d’hiver dans l’hémisphère Sud, celui dont la durée est la plus courte.

Une vue sur Sacsayhuamán avec ses 3 murs

Une vue sur Sacsayhuamán avec ses 3 murs

Site de Sacsayhuamán : la disposition de certaines pierres forme un serpent, la queue est sur le mur du fond

Site de Sacsayhuamán : la disposition de certaines pierres forme un serpent, la queue est sur le mur du fond

Agnès sur le seuil d'une des entrées du site

Agnès sur le seuil d’une des entrées du site

Le trône de l'inca, sculpté dans la roche

Le trône de l’inca, sculpté dans la roche

Un peu plus éloigné on trouve le site de Qenko. Il est situé à 6 km de la ville de Cuzco. En quechua, Qenko signifie « labyrinthe ». Le labyrinthe de Qenko est caractérisé par ses canaux en zigzag et sa pierre placée au centre à la façon d’un autel. Il s’agissait probablement d’un lieu de culte où jadis les Incas adoraient le Soleil et la Lune, des sacrifices y étaient réalisés (on y a retrouvé des ossements de lamas et aussi humains).

L'autel de Qenko

L’autel de Qenko

Toujours dans les environs proches, il y a le site de Puca Pucará. Ce site est une construction inca dont les pierres sont rougeâtres. En fait, Puca Pucará signifie « fort rouge » en quechua. Il est probable que cet édifice ait servi de poste de garde au temps de l’Empire inca. On trouve aussi le site de Tambomachay. Ce site est connu pour ses canaux et chutes d’eau qui démontrent l’aptitude qu’avaient les architectes et les ingénieurs hydrauliques incas. Le lieu est réputé être un centre de culte et d’hommage à l’eau.

Le fort Puca Pucará

Le fort Puca Pucará

Le site de Tambomachay

Le site de Tambomachay

Après avoir visité les environs proches, nous partons à la découverte de la Vallée Sacrée et de ses sites majeurs. Elle est située au-dessus de la ville sacrée Machu Picchu. Au fond de cette vallée coule la rivière sacrée Urubamba. Elle est alimentée par les nombreuses rivières qui descendent des vallées attenantes et regroupe de nombreux sites archéologiques et villages. La vallée était appréciée par les Incas pour ses caractéristiques géographiques et climatiques. C’était un des principaux points pour l’extraction de richesses naturelles, et on y trouvait la plus grande production de maïs du Pérou.

Vue sur la vallée sacrée depuis Pisac

Vue sur la vallée sacrée depuis Pisac

Le premier site sur notre liste est le village de Pisac. Le village est connu pour ses marchés qui attirent les touristes venus de Cuzco.

Le marché de Pisac est haut en couleur

Le marché de Pisac est haut en couleur

Florilège de tissus andins

Florilège de tissus andins

Mais, il est surtout réputé pour son site archéologique inca. Les ruines se trouvent sur une colline à l’entrée de la vallée, on y accède en taxi. Au début de la visite, nous observons les terrasses Incas qui sont pour certaines encore utilisés et d’autres en restauration. L’ingéniosité des Incas est incroyable, ils ont étaient capables de développer des terrasses agricoles qui s’adaptent aux pentes abruptes des montagnes. Le site possède des ruines de bâtiments imposants qui faisaient office d’entrepôts pour les récoltes.

Les terrasses de Pisac

Les terrasses de Pisac

Jolies terrasses épousant les formes naturelles du terrain

Jolies terrasses épousant les formes naturelles du terrain

On redescend vers Pisac

On redescend vers Pisac

Au plus haut du site, c’est une citadelle militaire que nous contemplons.

Les terrasses avec des hommes dessus (en tout petit) et la forteresse en haut

Les terrasses avec des hommes dessus (en tout petit) et la forteresse en haut

Un peu plus loin, c’est la partie religieuse avec un temple du soleil et des canaux qui s’offre à nous. Avec ses constructions militaires, religieuses et agricoles, le site avait une triple fonction. Les spécialistes pensent que Písac défendait l’entrée sud de la Vallée Sacrée, tandis que Choquequirao (un futur article…) défendait l’ouest et la forteresse d’Ollantaytambo, le nord. Nous redescendons à pied vers Pisac depuis un autre versant.

On observe différentes techniques de construction Incas

On observe différentes techniques de construction Incas

Vue sur le secteur du temple du soleil et de la pierre sacrée de Pisac

Vue sur le secteur du temple du soleil et de la pierre sacrée de Pisac

Fleur sur le site de Pisac

Fleur sur le site de Pisac

Pour visiter les sites de la vallée sacrée, nous avons acheté un livre plutôt qu’un guide. C’est plus économique pour les routards et en plus le notre était vraiment bien fait (le titre pour les intéressés : Cusco et la vallée sacrée des incas de Salazar). Avec ce dernier nous avons appris qu’une partie des terrasses agricoles de Pisac et des tours de guets ont été disposés de manière à représenter un condor… Pour les incas, il représentait le monde des cieux, le monde des morts.

Toujours sur le site de Pisac, on observe une paroi rocheuse composée d’innombrables petits orifices, il s’agit en réalité d’un cimetière inca. L’accès ne devait vraiment pas être aisé.

Depuis la forteresse, on voit les orifices des tombes

Depuis la forteresse, on voit les orifices des tombes

Nous continuons notre périple dans la vallée et passons une nuit à Urubamba (où nous y dégustons un excellent petit déj) avant de rejoindre le lendemain Maras.

Un pancake délicieux, regardez la tête d'Agnès

Un pancake délicieux, regardez la tête d’Agnès

Nous prenons donc un premier bus vers Chinchero et nous demandons à descendre au croisement qui mène à Maras. Là, les taxis nous sautent dessus pour nous proposer de visiter Moray et les Salinas. Ils sont un peu déçus lorsque nous leur disons que nous voulons seulement rejoindre le village de Maras (à 3 kms) et nous mettent en garde sur la longue journée de marche qui nous attend, environ 50 kilomètres, si nous voulons visiter les 2 sites ! Nous ne les écoutons pas car nous savons qu’il est possible de faire la visite des 2 sites en une quinzaine de kilomètres.

Arrivés à Maras, nous débutons donc notre balade vers les terrasses de Moray. Le chemin est agréable, vraiment pas compliqué, il n’est pas possible de se perdre. A notre passage c’est la saison des semences, les villageois préparent leur terrain (les charrues sont tirées par des bœufs).

En chemin vers Maras

En chemin vers Maras

En marchant vers Moray

En marchant vers Moray

Troupeau de moutons sur le chemin vers Moray

Troupeau de moutons sur le chemin vers Moray

Jeunes bergers

Jeunes bergers

Moray est une preuve incontestable du savoir et de l’ingéniosité des Incas. Il s’agit d’un centre de recherches agricoles inca. Le site se compose de 3 amphithéâtres, dont 2 mineurs non restaurés. Chacun est constitué de plusieurs terrasses disposées en cercles concentriques.

Les terrasses de Moray

Les terrasses de Moray

L'amphithéâtre principal restauré

L’amphithéâtre principal restauré

Vue sur 2 terrasses de Moray

Vue sur 2 terrasses de Moray

La position des terrasses crée toute une série de microclimats : une différence de température moyenne de 5 °C a été observée, alors que cette différence n’est que de 0,5 °C sur des différences de hauteur comparables au même endroit. Les chercheurs pensent que Moray a notamment servi à prévoir les rendements agricoles des cultures de leur empire. Il semble aussi que les incas y “importaient” des plantes “exotiques” et tentaient de les acclimater aux conditions locales.

Les terrasses ont été creusées en suivant les courbes naturelles du paysage. L’épaisseur des murs emmagasine la chaleur durant la journée et la diffuse la nuit. Grâce à cette méthode il est possible d’obtenir un microclimat plus chaud à mesure que l’on descend et se rapproche du centre.

Matthieu au centre d'un des 2 complexes non restaurés

Matthieu au centre d’un des 2 complexes non restaurés

La terrasse prncipale

La terrasse prncipale

Nous revenons à Maras pour le déjeuner et descendons ensuite vers les salines (hors boleto turistico). Le site est sublime, il est composé de centaines de petits bassins remplis d’eau salée provenant d’une source proche. Avec l’action du soleil, l’eau s’évapore et ainsi les villageois peuvent récupérer le sel. C’est un sel réputé internationalement pour ces propriétés culinaires.

Un site immense

Un site immense

Bassins aux teintes variées

Bassins aux teintes variées

Bassins alignés

Bassins alignés

Jeune fille et sa mère, pieds nus, travaillant

Jeune fille et sa mère, pieds nus, travaillant

Nous traversons les bassins et continuons de descendre dans la vallée. Nous rejoignons la route et prenons un bus pour Ollantaytambo.

Au final, cette balade est aisément faisable en une bonne journée. Il est préférable de partir tôt le matin, car l’après midi le soleil tape fort. Au total, nous avons du marcher 15 kilomètres, nous sommes bien loin des 50 kilomètres évoqués par les taxis.

Ollantaytambo est le dernier lieu que nous visitons de la vallée sacrée. C’est aussi le dernier lieu de résistance inca après la chute de Cusco face aux espagnols.

C’est l’un des seuls vestiges de l’architecture urbaine inca avec ses bâtiments, ses rues, ses canalisations hydrauliques et ses patios. Nous visitons la partie haute où se trouvent les vestiges d’une forteresse inachevée avec un temple du soleil et d’autres bâtiments. La taille des pierres du temple est merveilleuse.

Une ruelle Inca avec un canal d'eau

Une ruelle Inca avec un canal d’eau

Une entrée Inca, forme trapézoidale

Une entrée Inca, forme trapézoidale

Un des plus beau travail de taille Incas, c'est une partie du temple du soleil

Un des plus beau travail de taille Incas, c’est une partie du temple du soleil

Taille des pierres incroyables

Taille des pierres incroyables

Vue sur le mont voisin, au milieu le village de Ollantaytambo

Vue sur le mont voisin, au milieu le village de Ollantaytambo

Comme à Pisac, on retrouve les terrasses agricoles ainsi qu’une horloge solaire taillée directement dans la roche. Sur le site, il y a aussi tout un réseau de canaux hydrauliques très bien réalisé qui permet d’alimenter plusieurs bassins.

Les terrasses de Ollantaytambo, géométrie parfaite

Les terrasses de Ollantaytambo, géométrie parfaite

L'horloge solaire Incas

L’horloge solaire Incas

En face de la forteresse sur l’autre versant, on peut aussi apercevoir des vestiges incas et en observant bien la façade rocheuse, on peut voir le visage d’une personne dans la roche (certainement une œuvre humaine). Il s’agirait de Viracocha, le dieu créateur des Incas. Nous grimpons cet autre versant, de là haut nous avons une vue splendide sur le village qui a la forme d’un épi de maïs. Les maisons représentant les grains, qui eux-mêmes sont séparés par des canaux. Nous avons aussi une bonne vue d’ensemble sur la forteresse et ses terrasses. Les incas auraient aménagés ce site de manière à représenter un lama et son petit, le lama comme le condor possédait une importante signification religieuse.

Les entrepôts et le visage de Viracocha

Les entrepôts et le visage de Viracocha

Entrepôts pour les récoltes

Entrepôts pour les récoltes

Le site d'Ollantaytambo vu depuis le mont voisin, l'ensemble représente un lama (tête à gauche), les terrasse sont les pâtes de l'animal...

Le site d’Ollantaytambo vu depuis le mont voisin, l’ensemble représente un lama (tête à gauche), les terrasses sont les pâtes de l’animal…

Nous dominant la ville

Nous dominant la ville

Au village, nous dégusterons un chicha artisanale. Pour trouver qui peut vous en fournir, c’est facile, il suffit de chercher les maisons qui ont un drapeau rouge sur leur façade. Ensuite, vous entrez, vous buvez et vous payez !

Un verre de chicha, boisson de maïs fermentée

Un verre de chicha, boisson de maïs fermentée

Nous terminerons la découverte des environs de Cusco par la visite d’une cité pré-inca de la civilisation Wari (Pikillacta) et par la visite de la fabuleuse église de San Pedro de Andahuaylillas (hors boleto turistico), surnommée la chapelle Sixtine d’Amérique.

Une cité pré-incas de la civilisation Wari

Une cité pré-incas de la civilisation Wari

Corridor dans la cité

Corridor dans la cité

La façade de l'église de San Pedro de Andahuaylillas : la chapelle sixtine d'Amérique

La façade de l’église de San Pedro de Andahuaylillas : la chapelle sixtine d’Amérique

Nous avons aussi assisté à un spectacle de danse traditionnelle péruvienne. C’était aussi inclus dans le billet. On a vraiment essayé de rentabiliser au maximum notre achat !

Danse traditionnelle

Danse traditionnelle

Les costumes sont impressionnants

Les costumes sont impressionnants

Pendant notre séjour, nous avons aussi réalisé le tour de l’Ausangate et un trek vers la cité Choquequirao et le fameux Machu Picchu (articles en cours).

Voici la galerie photo de ce séjour (il y en a un paquet, c’est difficile de faire le tri) :

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3 reflexions sur “Cusco et la Vallée Sacrée

    1. Princess_Chataigne Auteur de l'article

      J’espère que l’émission sera aussi bien que nos articles et photos!lol! On la regardera en rentrant. a bientôt!

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